RH : Comment organiser un apéro au bureau en respectant la loi ?

RH : Comment organiser un apéro au bureau en respectant la loi ?

Si cette pratique est parfois occasionnelle, elle est devenue une véritable institution dans certaines entreprises. Faisant l’objet d’une véritable organisation et planification d’un niveau parfois supérieur à celle du séminaire annuel de la société, l’apéro du vendredi soir (et d’autres soir parfois également) emporte généralement un large suffrage dans tous les services. Voici quelques conseils pour réussir ce moment de détente… tout en respectant la Loi !

Apéritif rime avec convivialité

Attention, mettons les choses au clair dès maintenant, ce n’est pas alcool qui rime avec convivialité mais bien l’apéritif en tant qu’occasion et non en tant que « boisson ».

C’est un moment où, tout en étant encore dans les locaux de l’entreprise, vous allez pouvoir créer un instant de détente, de lâcher prise et d’échange.

Au risque de tomber dans le cliché, autour d’un verre la pression retombe et les conversations s’éloignent du travail pour s’orienter vers des thèmes plus personnels ou plus légers.

Quel intérêt ?

  • Créer du lien,
  • Renforcer les équipes,
  • Entretenir la culture d’entreprise.

Pourquoi au bureau ?

En tant qu’employeur, on pourrait souhaiter que ces apéros soient organisés à l’extérieur, dans le bar au coin de la rue. Cela éviterait que la journée de travail ne s’arrête trop tôt et cela faciliterait la problématique de l’alcool au travail (voir plus bas).

En tant que salarié, on pourrait également souhaiter délocaliser cet apéritif, pour être dans un cadre non professionnel et plus détendu.

Mais le choix d’organiser ce moment de détente au travail est important.

En effet, si vous organisiez un apéritif à l’extérieur, le taux de participation serait inférieur à 50 % et l’effet escompté serait inverse. Un clivage pourrait se créer entre ceux participant à l’événement et ceux préférant rentrer chez eux après une longue semaine de travail. Au lieu de créer de la convivialité, on crée une séparation entre les collègues.

Cela permet également d’envoyer le message que le bureau n’est pas qu’un espace de travail et de contrainte mais que l’on peut aussi y passer des moments agréables avec des collègues de tous les services et pas uniquement l’équipe de notre open space.

Et rien n’empêche les plus motivés de poursuivre la soirée à l’extérieur autour d’un bon repas !

Quelques conseils d’organisation

A quelle heure ?

L’heure idéale de l’apéro est une notion subjective, propre à chacun, mais dans le milieu professionnel, il vaut mieux bien y réfléchir.

Un apéritif organisé à une heure tardive aura pour effet de décourager certains salariés qui auront déjà terminé leur journée de travail et qui seront appelés par des obligations personnelles. Ces salariés seront soit présents mais dans un état d’esprit peu propice à la détente, soit ne participeront pas du tout à l’événement.

Un horaire tardif ne doit pas non plus être perçu comme une invitation à travailler plus tard, car dans ce cas tous les effets positifs de l’apéro pourraient être réduits à zéro.

Mais, un apéro organisé trop tôt n’est pas non plus une bonne idée. Tout le monde n’aura pas forcément terminé sa journée de travail et, s’il y a de l’alcool, sa consommation en milieu d’après-midi n’est évidemment pas idéale pour la productivité.

Quelle durée ?

Ce moment pour rester convivial ne doit pas être expéditif. Il faut que chacun ait le temps de se détendre pour ensuite profiter convenablement de cet instant.

Il est inutile que cela dure trop longtemps, notamment si de l’alcool est consommé. Une durée d’une à deux heures est tout à fait correcte. Cela permet à tout le monde de profiter sans partir trop tard pour autant.

Que manger et boire ?

Derrière cette question il y a une question de moyen mais pas uniquement !

Si les salariés sont à l’origine de ces apéros au bureau, chacun peut contribuer en faisant découvrir à ses collègues ses spécialités  culinaires. Même si les salariés sont à l’origine de ces rendez-vous, le patron peut participer comme tout le monde, ou payer les boissons par exemple, ou encore organiser prendre en charge à intervalles réguliers un apéro.

Il est bienvenu de satisfaire l’ensemble des palais et sensibilités, et donc de prévoir des amuses-bouches végétariens et des boissons sans alcool.

Alcool au travail, que dit la Loi ?

Pour de nombreuses personnes, apéritif rime avec alcool. Même s’il n’est pas forcément question d’abus, il est important de contrôler les pratiques sur le lieu de travail.

Une législation stricte

Une fois n’est pas coutume, le Code du Travail est très explicite sur cette question. Voyez par vous-même :

Article R. 4228-20 : Aucune boisson alcoolisée autre que le vin, la bière, le cidre et le poiré n’est autorisée sur le lieu de travail.

Lorsque la consommation de boissons alcoolisées, dans les conditions fixées au premier alinéa, est susceptible de porter atteinte à la sécurité et la santé physique et mentale des travailleurs, l’employeur, en application de l’article L. 4121-1 du code du travail, prévoit dans le règlement intérieur ou, à défaut, par note de service les mesures permettant de protéger la santé et la sécurité des travailleurs et de prévenir tout risque d’accident. Ces mesures, qui peuvent notamment prendre la forme d’une limitation voire d’une interdiction de cette consommation, doivent être proportionnées au but recherché.

Cela peut paraître très restrictif mais il en retourne de la sécurité des salariés et de la responsabilité de l’employeur.

Tout autre alcool servi par l’employeur ou introduit par les salariés est strictement interdit.

L’employeur peut également, dans son règlement intérieur, interdire toute consommation d’alcool dans les locaux de l’entreprise. Comme le dit l’article ci-dessus, ceci doit avoir pour atteinte de préserver la sécurité et la santé des salariés. Par conséquent, cette interdiction stricte n’est pas toujours justifiée.

Des sanctions dissuasives

Le non respect des dispositions légales sont passibles d’amendes pouvant aller de 3 750 € à 9 000 €, auxquelles peuvent s’ajouter un an d’emprisonnement en cas de récidive.

Mais la situation peut être bien plus grave.

Si un employeur laisse partir un salarié au volant de son véhicule en état d’ébriété après un apéritif organisé au travail, il pourra être poursuivi :

  • civilement pour le non respect de son obligation de sécurité
  • pénalement pour homicide involontaire par exemple s’il y a un décès suite à un accident ou pour non assistance à personne en danger.

Il est donc fortement conseillé de respecter le Code du Travail en limitant les quantités servies dans le cadre de cet événement.

A la vôtre !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé